Ce qu’on s’est dit un soir d’automne.

Ma fille,

 

Tu as bien changé depuis la dernière fois. Tu as tellement changé que j’en pleure la nuit dans les bras de ta mère. Nous pleurons ensemble de te savoir si heureuse et épanouie. Nous n’avons pas toujours compris ton besoin d’indépendance et ton goût pour la révolte et les causes perdues, tes envies d’ailleurs et tes sautes d’humeur trop constantes qui rendait ton amour pour nous trop inconstant.

 

Malgré ta fidélité et ta loyauté légendaires, tu as réussi à nous trahir en t’envolant de tes propres ailes. Bien sûr, nous y étions préparés mais tu verras quand ton tour arrivera; tu ne pourras pas non plus t’empêcher d’avoir une once de rancoeur et de ressentir une infinie tristesse. C’est tout de même un peu grâce à nous si tu es devenue  femme que tu es - même si tu soutiens fermement le contraire.

 

Nous n’avons pas toujours compris ton besoin de solitude et cette capacité que tu avais à toujours aimer les autres au point de tout leur donner, même ton âme. 

Moi, je n’ai jamais voulu admettre que j’y étais pour quelque chose... Tu as été tant aimée, chérie, protégée. Tu étais conditionnée à trop donner sans jamais trop recevoir. Le vase a fini par déborder et tu n’as plus supporté nos principes, nos valeurs, notre histoire.

 

C’était sans doute trop pour une enfant, une adolescente, une jeune femme en quête perpétuelle de son Moi.

Nous avons toujours soutenu que tu avais de la chance d’avoir des parents comme nous: disponibles, aimants et généreux mais souvent, nous avons manqué d’écoute à ton égard. Tu te souviens lorsque je m’enervais contre toi quand tu me disais que tu te fichais bien de l’école ? Que toi tu voulais écrire des livres et que pour ça il fallait juste avoir tout ce que l’école n’apprennait pas. Beaucoup de patience et beaucoup d’imagination.

 

Je te demande pardon mon enfant.

 

J’imagine les sacrifices que tout cela te demande. Je t’imagine, toi, si pudique te faire violence pour déverser tout ce que tu es et tout ce que tu as au fond de l’estomac sur ce clavier. Je te savais généreuse mais je ne te connaissais pas si douce, si tendre. Je vois que dans tes écrits, tu penses souvent à nous et les larmes ne peuvent s’empêcher de couler le long de mes joues ridées. J’ai toujours été fier de toi mon petit chat. Tu as toujours su retomber sur tes pattes malgré la violence de la vie, la malchance et les concours de circonstances. J’ai toujours été admiratif de voir que malgré tout cela, tu n’as jamais cessé de croire en tes rêves; ceux que moi pourtant  j’insultais de « vilains caprices ».

 

Tu n’as jamais changé. Ton sale caractère et ta grande gueule me rappellent que j’ai donné naissance à une femme forte, une femme solide qui n’aura jamais besoin d’un homme pour lui dire qu’elle a de la valeur. Je suis si fier d’avoir une fille solide comme une roc mais au coeur aussi moelleux qu’une guimauve. T’es un fils et une fille en même temps, ma princesse en baskets.

 

Je voulais aussi te dire que je te pardonne tes faux pas, tes travers, tes colères et ton silence. Me pardonneras-tu de ne pas t’avoir assez dit à quel point tu es exceptionnelle et unique à mes yeux et aux yeux du monde ?

 

Écris mon enfant, ne t’arrête jamais, c’est de l’or que tu tiens entre tes dix doigts. N’aie jamais honte d’être ce que tu es devenue. Tu es unique et il est là ton super pouvoir.

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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