Sept.

 

Quand ils disaient que j'étais bonne à jeter et qu'il n'y avait plus rien à faire, toi, tu as sauvé le peu de dignité qu'il me restait pour que j'affronte le bonheur que tu étais sur le point de m'offrir.

 

Je me souviens de nos corps ivres se rapprochant, cette odeur de vin et de bière mélangée à celle du vent d'automne qui petit à petit s'installait entre nous comme un second souffle. Comme la promesse d'une éternité partagée.

 

Il y a sept ans, je n'avais rien à t'offrir à part peut-être de sacrées emmerdes. Tu m'as dit "je prends tout" et tu n'as pas toujours tenu ta promesse. Souvent, tu as été dépassé par les événements, par ce mauvais côté de moi, par ma versatilité et mes phases maniaques durant lesquelles je voulais refaire le monde et me refaire moi tout entière. Tu as supporté ma passion pour le chant lyrique, mon attrait pour le découpage-collage et mes envies d'ailleurs. Tu t'es aussi accommodé de mes révoltes, de mes combats quotidiens, de toutes ces causes que je défendais depuis des années de façon acharnée comme si ma propre vie en dépendait. Tu as accepté la maladie aussi. Puis, là où les autres me voyaient perchée, perdue et irrécupérable; tu m'as vu attachante, différente et originale. Tu n'as jamais su me vexer. Pour me faire mal, il aurait fallu que tu m'abandonnes ou que tu penses comme eux.

 

Toi, tu n'as vu que le bon en moi. 

 

Pourtant, mon corps abîmé et ton esprit pragmatique n'avaient pas rendez-vous ce samedi 19 septembre 2010. J'étais venue à cette soirée pour oublier le deuxième homme que je pensais aimer et toi, tu étais venu simplement parce que tu aimais danser. Tu ne m'as pas appris grand chose si ce n'est avancer en ayant conscience que j'avais de la valeur et que j'étais quelqu'un de bien même si tous les éléments avaient décidé de s'abattre sur moi, me rendant alors vulnérable, sensible, solitaire et agressive.

 

Tu ne m'as pas appris grand chose mais ce que tu m'as donné m'a guéri. Ton amour, ton respect et ta patience ont su panser mon âme et apaiser ma colère.

 

Tu as donné un véritable sens à mon existence et tu as su m'offrir ton épaule pour que je puisse y pleurer ou me reposer. 

 

Je ne sais pas comment le temps a fait pour filer si vite. Nous avons vécu tant de vies en une.

 

Aujourd'hui, nous dansons moins mais nous dansons à trois. Nous n'avons plus assez de temps pour nous embrasser ni pour nous toucher mais nous prenons toujours la peine de nous écrire à quel point nous comptons l'un pour l'autre et à quel point la vie est belle en famille. Nous ne savons pas toujours où nous allons mais nous avons, en fondant notre famille trouvé des racines. Et même si ma bouche te le dit moins depuis qu'elle est trop occupée à embrasser notre fille, mes regards eux te hurlent que je t'aime.

 

Il y a sept ans, je n'avais rien à t'offrir. Aujourd'hui, je suis capable de te promettre une éternité de larmes de rire, de phrases sans fin et de mots remplis d'optimisme et d'espoir pour que toujours tu te souviennes que tu es finalement le seul homme que j'ai véritablement aimé.

 

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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Sam-boop 24/09/2017 16:38

Bonjour,

Je commente rarement les articles lus sur les blogs mais celui ci a secouer mes tripes de jeune femme/maman feministe.
Je ne peux que comprendre ton ressenti aujourd'hui et je tenais a te faire part de mon soutien (une petite chose sans impact concrete mais qui parfois peut faire chaud au coeur!)

Je suis de la banlieue parisienne et j'ai souvent pris les transports dans ma jeunesse. Moins aujourd'hui... je n'aime pas ca, je ne m'y sens pas en securite et prefere donc me taper 2h de bouchons +1h a trouver une place plutot que 30/45 min de stresse dans un lieu clos a eviter les regards oppressants et la sensation d'etre suivie. (Ce qui me vaut les railleries de mon entourage)

Je me suis toujours dis que s'il m'arrivait d'etre agressee physiquement (le verbal etant malheureusement chose courante) ou si je voyais une jeune femme se faire agressee, je reagirai... je ne suis pas forte et a part mon caractere affirmer, je ne ferai pas grand mal a l'attaquant.

Depuis la naissance de ma fille, Sam, je me dis qu'il faut que je m'inscrive a des cours de self defense. Pas tant pour moi que pour la savoir en securite avec moi. C'est malheureux mais comme tu as pu en avoir la preuve hier, les cons se fichent de savoir si tu es accompagnee de ton enfant ou non.

Je crois que c'est d'ailleurs ce qui m'a le plus remuer dans ton histoire. Que tu soies avec ta fille a ce moment la. Chose que je redoute le plus au monde!
Je me suis mise a ta place et j'aurai certainement reagi de la meme facon que toi. D'abord parce que etant avec mon enfant, je n'aurai pas penser que le mec puisse etre insistant, ensuite pour la preserver et eviter le conflit.

Mais c'est donc ca le pire... ne rien pouvoir faire ou dire d'une part par peur d'en venir au physique, de 2 parce que cela risquerait de mettre mon enfant en danger soit parce que ce put*** de co***** de me*** pourrait oser s'en prendre a elle, soit parce que s'il s'en prend a moi je ne serai peut etre plus en capacite de la proteger du reste du monde...

Alors oui je comprend l'etat dans lequel tu peux etre aujourd'hui. Cette peur melee de rage et de colere envers les cons mais aussi envers nous-meme et notre impuissance quelque fois. Et je te soutiens... et j'aime a croire qu'a force de toutes se soutenir, les choses changeront!

Prends soin de toi, de ta fille et de ta famille. Retrouve dans ton cocon la serenite et la force d'avancer. Et continue d'ecrire, c'est ce qui t'aide visiblement a surmonter les choses (et tu le fais si bien