Tu penses au deuxième ?

Rendons-nous à l’évidence : je rêve de vivre une seconde grossesse et donc d’avoir un deuxième enfant. J’en rêve et c’est tout. Nous avons beaucoup attendu avant de nous lancer dans l’aventure du bébé 1. Nous avions tout et pas assez à la fois pour accueillir un enfant et pour être de bons parents, nous étions dans l’attente de grands changements professionnels qui ne sont finalement jamais arrivés mais nous avions déjà les cœurs débordants d’amour et d’impatience. Surtout, nous n’imaginions pas que tout irait si vite. Tomber enceinte rapidement ça rassure mais ça fait aussi flipper quand même, surtout quand tu n’es pas vraiment prête à 100%. Avouez que vous aussi vous avez pensé ou crié « Oh putain » devant votre test de grossesse positif. C’est quelque chose de vouloir un enfant, c’en est une autre que de réaliser que l’on porte la vie pour la première fois. Est-on vraiment prête à prendre cette claque de vie et cette vague d’amour en pleine tronche ? Ceux et celles qui vous disent que oui mentent.

J’ai partagé ma première grossesse avec ma meilleure amie, déjà maman d’un garçon de 3 ans et, je me souviens de cette discussion récurrente que l’on avait concernant cet amour « à partager » entre ses deux fils. Elle avait peur de ne pas aimer le second autant que le premier et de la même façon que le premier. Moi, j’étais loin de toutes ces inquiétudes que je considérai comme des « problèmes de mère aguerrie » car l’amour que je ressentais déjà pour mon premier bébé faisait que tout me semblait évident paradoxalement. Oui, j’étais loin de toutes ces préoccupations car je n’y connaissais rien du tout.

Puis, j’ai toujours été convaincue que « le premier » et bien « c’est le premier »  à jamais dans les cœurs. Qu’on le veuille ou non, c’est un truc qui s’installe naturellement en nous et qui est toujours accompagné de valises de culpabilité, de gêne et de honte. Comme si avoir d’autres enfants était toujours synonyme de trahison envers le premier. Finalement, je pense que nous n’avons pas peur de devoir partager l'Amour nous avons juste peur que le premier ne nous aime plus autant que quand il était exclusif.

Je lui ai ri au nez trouvant ses interrogations complètement stupides. « C’est évident que tu les aimeras pareil » - comme si j’étais légitime de rire de ses peurs. Chiara, ma petite tornade d’amour est arrivée deux mois après son second fils et a tout emporté sur son passage. Les certitudes que j’avais se sont effondrées, je suis devenue ce que je ne pensais pas être capable de devenir un jour et des questionnements stupides ont fait irruption dans mon cerveau déjà en ébullition totale. Comment l’aimer assez, comment l’aimer justement, comment tout lui donner, comme lui apprendre le sens du partage et comment faire pour ne pas qu’elle devienne tout ce que je déteste chez les enfants des autres ?

C’est stupide hein ? Il est tellement plus facile de rire des difficultés et des idioties des autres que d’en débattre et de les anticiper…

On me demande souvent si « je pense au deuxième ». Je ne sais jamais trop quoi répondre sans doute parce que je n’ai pas encore réalisé que j’étais la maman de Chiara. 14 mois c'est pas assez pour réaliser la notion d'éternité que nous offre un enfant. Puis, je ne la connais pas encore par cœur et il nous reste encore tant de premières fois à vivre ensemble. Je veux être présente pour chacune d’entre elles, m’empreigner de son sourire, de ses larmes, enregistrer ces images uniques pour qu’elles me suivent à jamais. Je veux lui accorder le temps et l’attention qu’elle mérite car jusqu’à un certain âge, tout ce qu’elle accomplira lui semblera exceptionnel et nécessitera une réaction de ma part. Je veux avoir du temps pour elle et rien que pour elle, je l’avoue.

Pourtant, je rêve d’un deuxième enfant, celui qui sera sans aucun doute le dernier. Depuis que je suis vos grossesses sur Instagram, j’ai vu des difficultés, des espoirs, des doutes et parfois des drames. Paradoxalement, je ne voulais pas être confrontée à tout ça. Je voulais le meilleur sans le pire. j'ai aussi réalisé que des drames pouvaient survenir après 3 mois de grossesse et que certaines grossesses sont trop difficiles à vivre à cause des symptômes qu’elles entraînent. Avant, j'étais loin de tout ça, loin du pire, pour une fois. 

Parfois, je regrette et parfois je me dis que ce n’est pas si mal de savoir ce qui se passe ailleurs. Parfois, ça me conforte dans certaines idées, me réconforte aussi, m’attriste, me touche aux larmes, m’indiffère complètement ou me surprend. Dans tous les cas, ça me fait un effet particulier, j'y suis sensible.

Je n’ai pas peur de ne pas savoir aimer ce deuxième enfant comme j’aime Chiara. Je sais depuis toujours qu’il s’agira d’un amour différent mais tout aussi fort car mes deux enfants seront eux-mêmes différents l’un de l’autre et qu’ils seront donc deux individus à part entière avant tout.

C’est pour quand le deuxième finalement ?

Je connais bien la réponse dans le fond et ce sont des images tellement agréables. Tellement agréables qu’on aimerait les garder rien que pour soi comme un secret d'enfant. Innocent, fragile et insouciant. 

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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Celinoux 18/07/2017 19:55

Tellement bien ecrit.. Tu mets le doigts sur tout ce que je ressens en ce moment sans réellement savoir l'exprimer, c'est fou !

Julie FdM 17/07/2017 22:17

C'est si joli... Et ce deuxième enfant, j'en rêve aussi. D'ailleurs, je dis (trop) souvent "nos" enfants, alors que pour l'instant il n'y a que Rose... Je me retrouve aussi dans cette idée où tu as l'impression de t'être trouvée en devenant maman.
Bref, je te souhaite pleins de jolis projets secrets !