Ça va aller Mademoiselle.

« Je pense à maladie de Crohn ».

Voici quelques semaines que je souffre en silence et que je m’isole. Je n’ai envie de voir personne, je n’ai plus non plus la force de parler ou d’écrire. Voici quelques semaines que j’évite mes amis, que j’esquive la famille et que ne réponds plus aux SMS, ni aux emails ni aux messages - volontairement.

Je ne suis jamais malade et je ne me plains jamais lorsque toutefois j’ai mal quelque part. Après plus de 10 années de torture médicale, de lourdes opérations, de fauteuils roulants, de plâtres et de morphine, j’ai appris à hurler en silence.

Il y a d’abord eu la fatigue extrême. Celle qui t’isole, t’enferme socialement et qui t’emprisonne brutalement entre 4 murs. Il y a eu la perte de poids, 6kg en moins d’un mois – de quoi faire rêver les filles à l’approche de l’été. Il y a eu ces crampes abdominales atroces qui me coupaient le souffle et me faisaient pleurer de douleur durant des nuits entières face à un mari impuissant et inquiet. Il y a aussi eu le manque d’appétit puis la peur de manger, le manque de force et les yeux rouges, la fièvre et les spasmes. Je vous passe les diarrhées, les gaz et les saignements rectaux. 

Il y a surtout eu l’inquiétude de mes proches, les questions délicates, les chuchotements derrière mon dos, les SMS insistants, les hypothèses farfelues et les diagnostiques improvisés de médecins improvisés pour l’occasion. Il y a eu le besoin de prendre du recul, penser à autre chose et espérer que ce ne soit rien de grave malgré un mauvais pressentiment et ce diable riant sur mon épaule.

Je crois que c’est l’article le plus difficile à mettre en forme parce que dans ma tête c’est vraiment le bordel là. Non, à vrai dire, c'est la merde (c'est le cas de le dire).

La vérité c’est que j’ai peur grave, je flippe ma race.

Puis franchement, depuis mon accouchement, je ne supporte plus d’être dénudée face à des inconnus, d’être touchée, analysée, regardée, épiée. C’est comme ça, je ne suis pas encore remise de cette sacrée aventure. Qu’est-ce qui m’attend ? L’horreur. Je ne vous raconte même pas par quoi je vais passer avant de pouvoir avoir un traitement adapté à cette saloperie potentiellement contractée deux années avant le cap des 30 ans et 14 mois après être devenue maman pour la première fois. Vous savez ce fameux moment où vous avez enfin l'impression d'être un être épanoui et accompli ?

Je n’en veux pas à la vie, j’ai toujours été convaincue que pour apprécier la lumière, il fallait connaître les ténèbres.

Voici la raison de mon silence et de ma brièveté, de mon laconisme ici ou sur Instagram. Je n’ai rien à dire à part vous montrer que malgré tout ça va, que je tiens le coup et que je suis heureuse, grâce à eux. J'espère du fond du cœur être épargnée.

Alors j’espère que vous apprécierez mes clichés, ces instants de vie heureux car insouciants capturés avec délicatesse et amour.

Je vous embrasse sincèrement.

 

crédit photo: pinterest.

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais mon véritable rêve est de devenir écrivaine! Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara Mila née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation, la parentalité mais aussi au travers les Interviews des lectrices...
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Man0umi 20/06/2017 11:01

Tellement, tellement de lumière sur toi dans ce combat invisible que j'ignorais, et pour lequel tu as tous mon respect, toute ma bienvaillance. Ça ira beauté, ça ira ! Je t'embrasse fort

Amandine plume2vie 20/06/2017 01:11

Sincèrement avec Toi... dans mon métier j'en ai souvent entendue parlé je me suis souvent senti impuissante et je comprends que tu es eut du mal à en parler Cest souvent l'effet que ça fait... je suis de tout cœur avec toi... Jai hate De te retrouver samedi Toi Et ta puce

Stefanny 19/06/2017 23:13

Je suis sincèrement désolée de lire ces mots. Je laisse très rarement un petit mot ici mais là je ne pouvais pas faire autrement. Je continuerais à apprécier tes si belles et douces photos comme depuis le début où j'ai commencé à te suivre. Douces pensées.