L'oiseau en cage rêvera des nuages.

Aucune créature n'a une vie aussi active que l'oiseau, aucune n'emploie tout son temps d'une façon aussi complète que lui. Le jour le plus long lui est insuffisant, la nuit la plus courte lui est encore trop longue; toujours actif, il ne peut passer la moitié de sa vie à rêver ou à dormir; il veut vivre tout le temps qui lui a été accordé.

Je suis cette mère, une maman oiseau. Tantôt à l’Ouest, un peu à l’Est sans jamais perdre le Nord. Seulement, depuis plus de 365 jours je ne ressens plus le besoin de migrer. J’aime tellement mon pays, ma nouvelle demeure: ton petit coeur.

J'aime nos rituels, nos petites habitudes, nos secrets et j’aime par-dessus tout être garante du bonheur des autres, surtout du tien et de celui de ton papa.

Pourtant, mon bonheur lui, n’a jamais dépendu des Autres. J’ai œuvré pour qu’il ne dépende toujours que de moi. Les gens viennent, passent et ne restent jamais bien longtemps tu sais... J’ignore d'ailleurs si j’ai été une très bonne amie ces derniers mois. Pour être honnête, je n’avais pas la tête à ça et je m'en fous – sans doute pour la première fois de ma vie. Je voulais simplement être la copine de tout le monde et l’amie de personne. Je voulais de la légèreté, des rires, des Marlboro et des Mojitos. Je voulais le meilleur sans le pire.

Je n’ai jamais voulu entretenir de relation fusionnelle. Ceux qui ne sont plus là attendaient sûrement trop de moi. Complètement libre, j'ai préféré partir. L'oiseau en cage rêve toujours des nuages.

J’ai toujours considéré la fusion comme une dangereuse et malsaine dépendance à l’autre – Est-on vraiment soi-même et libre lorsque notre bonheur dépend d’un autre bonheur ? N'est-il pas meilleur quand il est simplement partagé ?

J’aime d’un amour libre, parfois capricieux parfois versatile mais toujours de façon insensée et toujours dans le respect de leur liberté et de ma liberté. J’aime souvent à en perdre la raison mais toujours en laissant l’autre libre de rêver, de rester ou de partir. On apprend ainsi à ne jamais trop souffrir de l’absence de la présence. Oui mon enfant, l'oiseau en cage rêve toujours des nuages.

Je suis cette femme, cette femme oiseau. Tantôt à l’Ouest, un peu à l’Est sans jamais perdre le Nord.

J’ai passé ma vie à construire des nids puis j’ai construit une famille, ma demeure. Moi, petit oiseau fragile ; je suis devenue forte, je suis devenue complète. Les nuits sont faites pour construire des rêves mais les journées bien trop courtes pour les réaliser. Souvent, j’ai eu à choisir entre dormir pour me calmer ou t’apaiser toi, être seule ou contre lui, enlacée ou mise de côté – la faute au temps, la faute à toi aussi. T’es toute petite mais tu prends tellement de place. Dans notre lit, sur le canapé, dans le bus, sur ma carte mémoire, sur ma peau et dans nos vies et j’adore ça. Tu sais ce que je préfère chez nous ? C’est que nous suivons la même direction, nous marchons sur cette même route sans avoir peur de nos routines ni de nous perdre de temps en temps. 

T’as pris tellement de place dans mon cœur – J’ai du mal à me contrôler, je n’arrive pas à m’arrêter d’écrire sur toi, pour toi, de parler de toi, de diffuser ton image, ton sourire partout où je passe – Je rêve de toi, je suis accroc à toi, à ton odeur, celle de tes cheveux, la douceur de ta peau, tes petits plis, la saveur de tes baisers maladroits et tes mains, tes mains…

Je suis dépendante de ta beauté, ta singularité, ce truc que tu as et que les autres n’ont pas. C’est d’ailleurs ce que disent toutes les mères de leur enfant... Oui mais toi, toi tu as ce petit quelque chose de différent au fond des yeux qui fait que tu es la plus Tout. 

Tu me fais devenir et me fais aimer tout ce que je détestais avant toi et il y a en toi tout ce qui a toujours manqué en moi : ce besoin de l’autre, cette nécessité d’être toujours présente, responsable et rationnelle, ouverte au Monde et aux autres.

Aujourd’hui, tu prends toujours autant de place et il paraît que les murs de cette demeure-là peuvent être poussés à l’infini.  Le cœur d’une mère est donc aussi élastique que la peau d’un ventre rond.  

Je suis cette mère et cette femme oiseau. Tantôt à l’Ouest, un peu à l’Est qui a besoin de toi pour ne pas perdre le Nord.

 

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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