... Et cependant quelque chose rayonne en silence.

Manque d’inspiration jour 5.

Je porte la veste en jean de ma mère. Celle qu’elle a reçue en cadeau, lorsqu’elle était enceinte de moi. Elle a 28 ans. Ces objets matériels savent nous rappeler ôh combien le temps passe vite et comme il est important de créer des souvenirs pour pouvoir un jour les transmettre à quelqu’un.

Je n’ai plus d’inspiration depuis quelques jours car je suis occupée à créer d’autres souvenirs, ceux que je veux lui transmettre dans 28 ans. Il n’y a pas grand-chose dans mon armoire qui s’apparente à un héritage potentiel. La seule chose matérielle que je suis capable de lui offrir ce sont de simples mots. Des brouillons, des feuilles volantes qui portent les restes d’un repas trop gras, et des carnets remplis d’espoir. Des mots pour lui dire combien je l'aime et combien elle compte pour moi.

Le fait d’être lu, pousse à vouloir écrire de façon assidue pour publier toujours plus vite un semblant de vie intéressante pour satisfaire l’autre. On veut que l’autre partage notre bonheur, nous console avec des émojis bien trop expressifs, nous complimente, nous like, nous aime. C’est ainsi, que chaque matin, on vérifie les stats, on déprime face aux centimes gagnés après avoir passé 3-4 jours à écrire un billet, on vérifie les emails « au cas où » et on se demande pourquoi et pour quoi. Pourquoi pas moi ? Pourquoi toujours elle, lui, eux ?

Allez, s’il te plait, pour une fois ? J'me donne à fond, regarde ! Aujourd'hui encore, je n'ai pas dîné avec lui pour pouvoir écrire ! Encore une fois, je n'ai pas pu donner le biberon car je devais terminer cet article qui me prend la tête depuis une semaine déjà ! Tu vois ? Je mérite de réussir aussi non ?

Peut-être devrais-je simplement me laisser porter par cette rage de réussir sans trop réfléchir ? Comment fait-on ça ? Moi, je ne sais pas.

J’ai beaucoup investi dans cette passion qui est devenue avec temps, une véritable obsession. Vous n’avez pas idée des sacrifices et des concessions que l’écriture exige au quotidien. Et, l’écriture 2.0 encore plus. Mes relations ont radicalement changé. J’ai passé des heures à lire vos témoignages, vos difficultés à être une mère, une épouse, une femme. J’ai passé des nuits blanches à espérer que l’on m’aide en partageant simplement mon projet d’écriture, j’ai relancé, attendu, relancé et attendu encore, en vain. J’ai essuyé des larmes à des terrasses de café, mes bras ont enlacé, mes lèvres embrassé, j’ai payé des coups et une fois, j’ai perdu mon temps. J’ai assisté à des règlements de compte, j’ai défendu des positions, des idées, des principes sans avoir peur, j’ai publié des interviews, des bouts de vos vies et j’ai versé beaucoup de larmes face à vos mots si poignants. J’ai aussi pleuré lorsqu’on a refusé de m’aider et j’en ai beaucoup voulu à la vie de rendre la mienne parfois si injuste.

Pourtant, je n’ai jamais cessé d’y croire. J'ai aussi trouvé trois vraies amies, j'ai aussi été enlacée par des bras bienveillants, ma fille a été trop gâtée, je l'ai été tout autant grâce à des mots que je ne pense toujours pas mériter et je n'ai jamais reçu autant de messages d'anniversaire. 

Pour autant, est-ce que c'est ça qui me rend heureuse en ce moment au point de ne plus rien avoir à raconter ?

La vérité c'est que je ne vérifie plus mes stats, je n’encaisse plus les centimes et je ne pleure plus face à vos mots. Je n’ai plus de principes 2.0 à défendre et mes yeux sont épuisés de lire. J'ai passé un cap. D'ailleurs, hier, j'ai demandé à mon amie si elle aussi, en tant que maman, était convaincue qu’il se passait quelque chose en nous à un certain moment de notre vie de maman.

Vous savez, ce sentiment d'avoir franchi un cap important, d'être une nouvelle personne, d'être bien partout et de ne pas avoir besoin de plus.  Pour une fois.

On se sent alors plus à l’aise dans ce nouveau rôle d'individu "3 en 1", on assume pleinement nos erreurs de jeune mère passées, on ne baisse plus la tête face aux critiques et aux remarques trop maladroites (ou simplement méchantes) de l’entourage et on avance torse bombé dans la rue avec notre poussette, complètement épanouie d’être « tout ça à la fois ».

Et si je suis absente c'est simplement parce que quelque chose rayonne en silence...

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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