Neuf mois de toi.

Aujourd’hui tu as neuf mois. C’est un cap que je trouve important car tu as passé autant de temps parmi nous ; en chair et en os qu’à l’intérieur de moi. Je vis ce cap des neuf mois comme une sorte de clôture d’un certain cycle de vie, une sorte d’accomplissement de ton être. C’est peut-être trop spirituel et irrationnel pour vous mais moi, j’ai l’intime conviction qu’il se passe quelque chose de particulier en eux à ce moment-là.

Depuis quelques jours en effet, Chiara exprime son besoin d’autonomie et d’indépendance. Elle se relève seule, joue de plus en plus seule, parle seule, s’endort seule et veut déjà manger seule. Alors, F et moi, on s’accroche à son image de poupon et on s’acharne à la bercer, jouer avec elle, lui chanter des berceuses et faire l’avion pour qu'elle finisse sa compote. Comme tout parent, nous n’aimons pas spécialement le temps qui passe trop vite et qui emporte avec lui cette innocence et cette pureté.

Les cartons contenant tes petits vêtements sont enfermés dans la cave, à l’abri et dans le noir. Ils attendent déjà d’être de nouveau dans la lumière. Chiara a eu une espèce de crise de jalousie envers l’autre petite fille gardée par M. son assistante maternelle. Elle a grogné lorsque la petite s’est approchée trop près de M. Quand F me l’a dit, j’ai été très surprise et j’ai culpabilisé même si je sais très bien que la jalousie est un sentiment tout à fait normal et rependu et que par conséquent, je n’y suis pour rien.

Ce cap des neuf mois me permet aussi de me remettre en question concernant mon rôle de mère. J’ai l’impression de réaliser mes erreurs mais également tout ce que je fais bien au quotidien. Le week-end dernier par exemple, nous sommes sorties avec Chiara. Nous avons pris le bus pendant 43 minutes et je n’ai ressenti aucune peur concernant les autres. J’ai même été très à l’aise. C’était la première fois que je ressentais ce sentiment de maturité.  C’est indéniable, quelque chose s’est produit en moi aussi.

Je regarde toujours les femmes enceintes avec nostalgie et une once de jalousie et elles, me regardent avec impatience et désir. Ces femmes-là sont conscientes qu’elles vont très prochainement aimer. Toutefois, elles ne peuvent pas imaginer à quel point cet amour sera puissant. On nous prépare à tant de choses durant la grossesse : comment gérer la douleur, le stress, comment pousser le jour-J mais personne ne nous parle de cet Amour.

Je n’ai pas vécu de babyblues à proprement parler même si j’ai été extrêmement émotive les deux premiers mois. Lorsque je raconte mes premiers jours en tant que mère, je parle toujours de cette tornade d’émotions qui a emporté mon corps et mon cœur sur son passage. Je n’arrivais à prendre conscience que j’étais maman « pour toujours », que Chiara était mon enfant « pour toujours », qu’elle m’aimerait « pour toujours » et que quoi qu’il m’arrive, je serai fière de moi « pour toujours ». C’est ce sentiment d’éternité qui a fait de moi une usine à larmes. Le babyblues s’est légèrement ressenti lorsque je pensais au fait qu’une vie était trop courte pour jouir de sa famille et de ses enfants. La phobie de la mort est alors apparue (voir article : « promets-moi de ne pas mourir »).

Nous aimons des gens tout au long de notre vie. Nous apprenons à aimer un homme, une femme, nous aimons nos parents dès la naissance, nous aimons moins parfois et souvent nous n’aimons plus. Avant Chiara, je ne croyais pas en l’amour éternel. N’y voyez rien de cruel envers mon mari. Je suis simplement persuadée que l’amour originel, passionnel disparaît avec les années pour laisser place à un amour plus sage, tendre et affectueux.

L’amour que je ressens pour mon enfant est varié. Dans tous les cas, il est animal, instinctif et viscéral. Je suis une maman ourse, louve et lionne qui a pour objectif de protéger son petit. Cet amour me prend au corps quand je la retrouve le soir et me retourne les tripes quand elle est malade ou qu'elle pleure. Je somatise quand elle me manque et je pleure quand elle ne veut pas ma tendresse.

Cet amour ne portait pas de nom avant que je ne donne la vie. Il en possède désormais deux: Chiara Mila.

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais mon véritable rêve est de devenir écrivaine! Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara Mila née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation, la parentalité mais aussi au travers les Interviews des lectrices...
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Charlaine 22/03/2017 01:27

Tu exprime parfaitement ce que je pense et ressens. Tu sais mettre les mots là où il faut les mettre ! Chapeau cela fait du bien à lire !