" Celui qui est maître de lui-même est plus puissant que celui qui est maître du monde " - Bouddha.

Il y a eu l'étape des six mois et il y aura, dans quelques jours le cap des neuf mois. Chiara aura passé autant de temps en dehors qu’à l’intérieur de moi.

Je suis de celles qui pensent qu'un être humain naît en quelque sorte dès le jour de la fécondation. 

Je ne pratique pas vraiment de religion et pourtant, j’en possède une. Mes parents ne m’ont jamais vraiment appris la religion car eux-mêmes, n’y connaissaient pas grand-chose. Ma mère m’a dit que le régime communiste établi en Serbie, il y a quelques décennies, interdisait catégoriquement l’enseignement religieux. Les jours fériés religieux avaient mêmes été supprimés.

Je me suis mise alors à m’intéresser à la philosophie et je suis vite devenue ce que l’on appelle « une cérébrale ». N’y voyez rien de prétentieux. Réfléchir c’est bien, penser trop c’est mal. Trop réfléchir cause de sérieux problèmes et peut avoir de graves conséquences sur la santé : migraines, insomnies, tocs, troubles alimentaires, crises de panique/d’angoisse, agressivité, surmenage, fatigue, problèmes de tension, problèmes de peau, isolement social… Je subis ces désagréments au quotidien depuis l’adolescence. Bien sûr, certains voient en la réflexion des avantages considérables tels que l’esprit d’analyse, la capacité de se sortir de situations pénibles et la résistance à la souffrance mentale voire physique. Certes. Ces quelques aptitudes valent-elles vraiment ces nuits blanches passées à broyer du noir ?

Cette façon d’être est très difficile à gérer dans le milieu professionnel. Nous devenons des perfectionnistes exacerbés dotés d’un altruisme sévère, nous disons oui à tout, amen à tout, et nous devenons des gens « sur lesquels il est trop facile de se reposer ». Le fait de dire oui à tout nous fait souffrir car nous pensons souvent « non » mais n’osons pas blesser l’individu dans l'attente de quelque chose de notre part. Alors, on cherche durant des heures une solution pour lui faire comprendre que cette fois-ci, ce sera non. On met des smileys qui viendront atténuer notre refus, des formules de politesse impersonnelles et nous nous excusons.

De quoi s’excuse-t-on finalement ? Je me suis longtemps posée cette question. J’ai torturé, comme toujours mon esprit pour légitimer mon choix d’avoir dit non. Les gens ne se soucient pourtant pas de mes tourments, de mes questionnements et de mes cheminements intérieurs. Ils ne retiennent que le « non ».

Depuis quelques semaines/mois, je tente de réfléchir plus positivement et de façon plus spirituelle que pragmatique et mécanique. Je m’intéresse au Bouddhisme, je lis des guides d’éveil spirituel et j’essaie de discuter avec des individus d'origines, de religions et aux philosophies de vie différentes. Nous sommes tous naturellement attirés par l'Autre et nous cherchons en eux le petit truc qui manque en nous.

La différence quelqu’elle soit amène la tolérance et la richesse intérieure. Ce sont ces qualités qui m’attirent le plus. Les qualités des autres m’aident aussi à réfléchir et à remettre mes façons d’être en question. Je ne suis pas toujours très pondérée et je réponds souvent par l’agressivité. J’ai aussi tendance à me braquer et à me murer dans le silence lorsque j’ai décidé d’en avoir marre. Toutefois, aujourd’hui, à quelques semaines de mon 28ème anniversaire, j’ai décidé d’améliorer ma façon d’être. Pour moi mais aussi pour mon mari et notre enfant.

Je vais tenter d'instaurer dans notre quotidien des instants plus calmes : pas d’écran à partir de 19h pour donner lieu à plus de communication, éviter les sorties « shopping » le week-end, m’autoriser à sortir seule de temps en temps, imposer nos choix et nos décisions de façon calme et posée à notre entourage, dire non plus souvent et enfin, débuter une activité apaisante.

Toujours, lorsque j’ai eu envie de m'améliorer les gens m’ont dit « tu sais, les gens sont comme ils sont, les gens ne changent jamais ». Je ne vise pas à changer celle que je suis, je tends à m’améliorer pour trouver une paix intérieure. Je pense que si chacun s’améliore, le monde ne pourra qu’être meilleur. Peut-être suis-je utopiste ?

Si nous n’avons plus les rêves, que nous reste-t-il ? Un monde en guerre où la haine se propage comme la peste et dans lequel certains individus utilisent la religion pour justifier la barbarie ? Un monde où les robots remplacent de plus en plus les hommes et dans lequel on nous fait croire qu'il nous manque toujours quelque chose pour être heureux ?

Je pense aussi à ce "conseil" que je ne supporte pas et que j'ai pourtant tellement entendu :

« Il y a pire dans la vie ».

Doit-on s’identifier au "pire" pour avancer ou au contraire, visualiser le meilleur pour tenter de l’atteindre ? J’ai choisi de ne pas accepter ce "conseil" qui d’ailleurs n’en n’est pas un selon moi. Pourquoi les gens ont-ils ce besoin de hiérarchiser les malheurs et les souffrances ?

Dire « il y a pire que toi » sous-entend que le problème rencontré n’est pas légitime, pas acceptable même si pourtant il nous torture intérieurement. Ce "conseil" signifie que le malheur des uns rassure les autres… Puis, il y aura toujours pire. Quel est le degré du « pire acceptable » ? A partir de quand devient-on « l’exemple le plus pire » (pour parler comme les enfants) ? Cette phrase est aussi une sorte de censure de nos émotions.

Moi, je prends toujours pour exemple ceux qui ont quelque chose que j’aimerai moi-même avoir : une culture littéraire et cinématographique, une philosophie de vie saine, le courage pour accomplir un projet qui demande de la patience et de la persévérance et avant tout ; une paix intérieure.

Actuellement, je me renseigne sur les doctrines Bouddhistes et surtout sur les « Quatre Incommensurables » qui sont les quatre qualités morales qui doivent être méditées et développées : la bienveillance, la compassion, la joie et l'équanimité.

Je terminerai cet article par ce soutra qui concerne la joie :

Je demeurerai en faisant rayonner un esprit de bienveillance,

Dans un quartier de l'univers, et de même pour le second quartier, le troisième, le quatrième

 Et de même au-dessus, au-dessous, à travers,

Et partout dans sa totalité;

Envers chacun comme envers moi-même,

Je demeurerai faisant rayonner en tout lieu de l'univers,

Avec un esprit imprégné de bienveillance,

Large, profond, élevé, incommensurable,

Sans haine et libéré de toute inimitié.

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais mon véritable rêve est de devenir écrivaine! Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara Mila née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation, la parentalité mais aussi au travers les Interviews des lectrices...
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Mamanchloe 13/01/2017 14:46

Quelle belle démarche que de vouloir "se rendre meilleur". Je crois comme toi qu'on ne peut pas changer mais on peut tendre vers autre chose, s'intéresser à d'autres sujets, évoluer. Je te rejoins sur la phrase : "Il y a pire". Bien sûr on trouvera toujours "pire" mais ne pas reconnaitre le problème d'autrui c'est ne pas le prendre au serieux. Il faut savoir affronter ses failles ! Bref...bel article !