" C'est pour quand le deuxième ? ".

« C’est pour quand le deuxième ? ».

J’ose parfois imaginer que notre aisance à être des parents pousse notre entourage à vouloir de nous que nous donnions naissance à un second enfant. Bien sûr, ils ne le diront jamais ainsi et je m’en fiche mais j’aime parfois les imaginer nous dire que nous sommes de bons parents.

J’ai vécu 3 annonces de grossesse en quelques semaines. J’ai été émue de la même façon pour les trois même si ces trois amitiés sont différentes. J’ai aussi pleuré. Pleuré de joie pour elles, pleuré d’émotion pour L. dont c’est la première grossesse et pleuré de nostalgie. Je me souviens avoir vécu une fin de grossesse ambivalente. Entre la peur et l’excitation, l’envie que ça s’arrête et le désir qu’elle dure pour toujours. Je me trouvais belle, féminine, désirable et respectée. On ne voulait pas me froisser, on évitait les sujets délicats et les gens n’étaient pas maladroits. Je portais le cadeau de chacun : un premier petit-enfant, un premier enfant, la première fille, la première cousine, nièce, filleule, le premier arrière-arrière-petit-enfant. Bref, il y en avait un peu pour tout le monde et surtout beaucoup pour moi.

Je n’ai jamais été coquette. Mon maquillage a toujours été très sobre, mes tenues aussi car j’aime me sentir à l’aise dans des vêtements amples, jamais trop près du corps. Si vous avez lu l’article précédent, vous comprendrez qu’il y a un lien. J’ai toujours trouvé très belles, ces femmes naturelles, simples, élancées et avec des formes. Cette fascination pour les femmes à la beauté naturelle est apparue il y a 7-8 ans. Il y avait dans mon groupe de copains de vacances une jeune fille : A. elle était populaire, blonde (car Scandinave), un peu idiote et aux mœurs légères. Mais, elle était sympathique. Forcément, dans le noir et en boite de nuit, ce sont ce genre de filles qui plaisent le plus puisqu’on ne les voit pas et on les entend mal.

Les lendemains de fête sont révélateurs. Il y a les vrais amis qui restent pour débarrasser et ranger le bordel de la veille, il y a ceux qui préfèrent filer et il y a ceux qui dorment jusqu’à 14h et préparent des coquillettes au beurre au réveil pour tous ceux qui sont restés.

A, était très belle maquillée mais monstrueuse le matin. Elle sentait l’alcool et le tabac froid. J’ai été si déçue et je me souviens avoir même été gênée de la trouver si laide.

Lire « Le jour où j’ai appris à vivre » m’a aidé à réaliser que la nature était profonde. Elle nous parle souvent mais nous ne l’entendons pas*. Pourquoi ? Sûrement parce que nous sommes beaucoup trop connectés au virtuel. Ce virtuel qui souvent nous complimente, nous critique, nous offre des cadeaux donc nous n’avons pas besoin moyennant une publicité ridicule. Ce virtuel nous fait « liker » des millions d’images chaque année et nos smartphones ont même réussi à remplacer nos berceuses et les comptines de nos enfants.

Nous sommes aussi quotidiennement inondés d’informations inutiles et surtout, nous sommes envahis de publicités qui nous vendent des artifices à des prix plus ou moins raisonnables. Inutile d’ajouter que ces mêmes publicités pourrissent l’image de la femme et finiront par balayer d’un revers de main des décennies de combat pour l’égalité.

J’avais peur d’avoir une fille, je l’ai dit. J'avais peur qu’elle soit aussi têtue que moi et j’avais peur qu’elle ne sache pas se battre contre les hommes. J’avais peur qu’elle ne trouve pas sa place et qu’elle se fasse marcher sur les pieds, qu’elle s’écrase face à eux. Aujourd’hui, son combat futur sera et est déjà le mien. Nous allons y arriver ensemble et gare à celui qui lui mettra des bâtons dans les roues. Je ne sais pas si je suis une bonne mère mais j’imagine que vouloir bien faire est déjà un bon signe mais je veux qu’elle soit libre et qu’elle fasse ses propres choix loin des dictâtes de la beauté et de l’apparence. Elle sera indépendante et fière, sensible et forte. Elle l’est déjà, je le sais. Elle n’aura pas non plus besoin d'aller chercher dans un magasin de la beauté superficielle et éphémère. Non.

J’ai appris 3 grossesses en quelques semaines et ça me rend émotive, sensible et fleur bleue. Je pleure aussi parfois lorsque je regarde Chiara car elle est incroyablement belle. Elle a des joues bien rondes, des mollets et des cuisses dodus, le teint hâlé, des yeux de couleur bleu lagon, des cheveux longs et sa peau est douce. Sa beauté naturelle m’a fait revenir à l’essentiel : la nature est puissante et je ne le voyais pas. J’étais tellement pressée que mes montres cassaient trois fois par an. Et moi ? Qu'est-ce que je faisais ? Je filais acheter de nouvelles montres, toutes plus chères les unes que les autres. La nature m'envoyait pourtant un message bien précis que je n'ai pas su écouter. 

« Quand on marche, le temps passe plus lentement. La culture de l’immédiateté et de l’ultraréactivité dans laquelle on baigne nous amène à n’être plus présent à rien ».*

Je voulais avoir une grosse culture cinématographique, posséder une bibliothèque géante, m’adonner à la philosophie, au Yoga, à la cuisine, à l’art et connaître des gens intelligents et qui ont de la conversation. Je refusais de m’ennuyer et je sélectionnais mes connaissances en fonction de ce qu’elles avaient à m’apporter. Chacun cherche en l’autre ce qui manque en lui, c’est un principe Universel.

Enceinte, les gens me choisissaient pour ces mêmes raisons ; j’allais leur apporter du bonheur.

Maman, je n’intéresse plus personne si ce n’est mon enfant. Ce prolongement de moi auquel je souhaite du courage pour arriver à se faire une place dans ce monde aveuglé par les superficialités d’une société sectaire et de plus en plus agressive.

Alors, le deuxième sera pour quand Chiara sera assez grande pour comprendre que je l’aimerai toujours autant.

C’est con et en l’écrivant, je ris : si j’avais eu assez d’économies pour pouvoir m’offrir un trois pièces dans Paris, le deuxième serait peut-être déjà en moi. Nous restons des esclaves finalement. Esclaves du temps, de l’argent, des patrons, des machines et le bonheur semble avoir un prix. 

« Nous sommes des êtres complets et la nature nous amène à le ressentir profondément, alors que la société crée en nous le manque. Elle sait nous faire croire et nous faire ressentir qu’il nous manque quelque chose pour être heureux. Elle nous interdit d’être satisfaits de ce que nous avons, de ce que nous sommes. Elle ne cesse de nous faire croire que nous sommes incomplets ».*

*"Le jour où j'ai appris à vivre" de Laurent GOUNELLE.

 

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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inez 30/12/2016 15:53

c'est assez juste
bonne annee