- L'après -

Le réveil a été bien trop brutal pour mon corps et mon cerveau exténués. La fatigue accumulée durant ces derniers mois se lit sur mon visage, et moi, je ne vois que mes cernes. Je savais que je finirai par regretter tous ces instants où j'ai refusé de me reposer ou de dormir. Je pensais sincèrement qu'avec le temps ça irait, que tout finirait par se remettre en place et qu'une seule bonne nuit de sommeil suffirait à guérir tous mes maux. Quand on a connu l'horreur on pense souvent être invincible et plus fort que les autres.

Hier, nous avons fait le point. J'ai découvert que mon mari avait beaucoup souffert de sa mise à l'écart durant ma grossesse. Moi, je souffrais de trop exister et lui de ne plus exister. Il n'en a jamais parlé. Paradoxalement, il ne souhaitait pas s'imposer estimant, que c'était normal de ne plus exister à ce moment-là et que c'était sûrement pareil pour tous les autres couples.

Aujourd'hui, nous souffrons tous les deux du manque cruel d'attention de la part de nos familles et de nos amis respectifs. Nous nous sommes complètement effacés avant de définitivement disparaître. Nous n'existons plus en tant qu'êtres à part entière depuis la naissance de notre fille. Nous sommes les parents de Chiara et c'est tout.

Puis, si elle elle va bien alors c'est l'essentiel. Comme si son bonheur était indépendant de nos efforts et de notre abnégation et qu'elle se suffisait déjà à elle-même.

Certaines personnes oublient de nous embrasser quand elles nous rencontrent au détour d'une rue, se précipitant d'emblée sur la poussette de Chiara. Je crois que c'est la chose qui m'exaspère le plus depuis sa naissance (en plus de beaucoup d'autres choses).

Avez-vous remarqué comme les gens deviennent impolis durant les mois suivants l'accouchement ? C'est le cas aussi de ceux qui ne peuvent s'empêcher de toujours chercher des ressemblances avec le papa ou la maman; quitte à un peu trop insister ce qui est, je vous le dis, très insupportable et relativement blessant.

On l'a dit pourtant. Oui, nous avons osé dire qu'on souffrait de ne plus exister. Qu'avons-nous eu en retour ? Des sourires niais et des visages qui ont fait semblant de ne pas comprendre.

Ce n'est pas normal et c'est exactement ça qui a déclenché mon envie et mon besoin viscéral d'écrire sur la maternité, ma maternité. Je veux pouvoir dire librement que je ne suis pas d'accord avec certaines idées reçues, je veux aussi être libre d'avouer que oui, parfois je n'ai pas eu envie de voir ou entendre certaines personnes. Enfin, je veux pouvoir écrire sans honte aucune que souvent,, j'ai eu envie de partir loin parce que tout semblait bien trop difficile à accepter et à assumer.

Aujourd'hui, nous souffrons de n'être que des parents mais aujourd'hui, nous avons aussi décidé de changer les choses pour notre fille oui, mais avant tout pour nous. Nous sommes bien là, nous existons et vous allez l'entendre.

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À propos

Elodie-Jelena

Je m'appelle Elodie-Jelena, j'ai 28 ans et je travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la communication et du marketing mais ma véritable passion est l'écriture. Amoureuse des images et des mots depuis toujours, je suis aussi aussi la maman de Chiara née en avril 2016. Découvrez les bribes de notre petite vie de famille douce et sauvage grâce à mes chroniques (sans filtre) sur la maternité, l'éducation bienveillante et positive. Découvrez aussi mes coups de cœur puériculture, mode enfant et lifestyle.

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L. 21/12/2016 15:14

C'est complètement ça. Je te remercie d'avoir posé des mots sur ce que je vis actuellement. J'avais tendance à culpabiliser vis-à'-vis de mon fils en me disant que c'était égoïste de penser à soi. Finalement c'est normal... j'ai eu la surprise de tendre la joue pour recevoir une bise, de me prendre un vent parce qu'on saluait le petit Et pas moi... Quand quelques temps avant d'accoucher, tu préviens déjà que tu ne veux pas que tout le monde débarque vite dès la naissance, Et qu'on te dit " Ah Mais on ne viendra pas pour toi, on viendra pour le petit ! Tu pourras te reposer toi " c'est assez déconcertant. Aujourd'hui, lorsqu'on se déplace dans la famille, on est uniquement " la logistique " du petit...

Charlene 25/10/2016 21:42

Je pense, à ce jour, ma plus grande souffrance de maman.le fait de ne plus exister en tant que femme à part entière pour mes proches et les autres...étre mise à l'écart et faire partie des meubles parfois. Attendre un geste d'attention de ta propre mère et puis te résigner et voir qu'elle n'a de yeux que pour ce nouveau né... mon bébé.

Amandine 28/09/2016 23:14

Il est vrai et fou que les gens proches ou non réagissent tous pareil et tous de la meme facon que tu le décris!
Nous avons eut la chance d'avoir nos amis qui sont restes là pret de nous à nous parler à nous à continuer à nous appeler et à prendre des nouvelles de nous et de notre enfant. Certains on compris mais la famille moins. Je le savais j'étais presque préparé à venir cela dès que la porte de la maternité c'est ouverte sur mon bébé et moi. Cetait lui mais nous non et surtout moi la femme qui vient d'accoucher et de venir un long et sure moment. Celle qui est fatiguée de la nuit qu'elle vient de passer et à peur des prochaines mais tout cela on lui demande pas. J'attends comme je te l'ai dit (dans nos échanges mails) mon deuxieme enfant et deja ce n'est plus moi! On ne me fait plus la bise pour dire bonjour non non on touche mon ventre et demande comment il va!! C'est assez déroutant... Pensez à vous cest important. Tendrement Amandine

Natacha 27/09/2016 20:34

Chacun de vos articles resonne en moi. Comme le sentiment de me faire voler mes articles. Alors ne m'en voullez pas si au hasard (ounon) vous atterissiez sur mon blog et que vous y trouviez similitudes

Elodie Jelena 28/09/2016 11:10

Bonjour Natacha, merci pour ton commentaire :)
Quel est ton blog ?
Belle journée,
Elodie

Gaëlle 20/09/2016 14:28

J'ai les larmes aux yeux a chaque fois que je lis vos articles.Je valide a 400% votre point de vue,que les gens sont étranges...on entend dire que notre vie change avec les enfants mais on oublie de dire que les gens vis a vis de nous aussi après l'arrivée d'un enfant.Enceinte déjà on a l'impression certaine fois de n'être"qu'un ventre".Les gens qui se permettent de nous caresser le ventre sans y être invité!!Le plus dur en étant parents c'est de se protéger soit même et des autres.Penser a soit,a son couple et son enfant.Prendre du temps pour se remettre de ce bouleversement aussi beau soit il,se réserver des moments de couple aussi très important.Car on est parents mais couple avant toute chose.Alors parfois on ressent le besoin de s'isoler pour mieux apprécier er s'approprier cette nouvelle vie a 3.Les amis,la famille s'éloignent un peu mais ce qui nous aimes seront tjs là....
Je vous souhaites d'avancer sereinement et de trouver des réponses a vos questions.
Amicalement
Gaëlle